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Pourquoi certaines espèces ne peuvent pas être déplacées librement en Île-de-France

  • Photo du rédacteur: Jean-Michel Renard
    Jean-Michel Renard
  • 31 déc. 2025
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 16 heures

Quand un animal sauvage s’installe près d’une habitation, l’idée la plus intuitive est de le capturer et de le relâcher ailleurs. En pratique, cette “solution” pose trois problèmes : elle peut être interdite (espèce protégée), elle est souvent inefficace (l’animal revient ou un autre prend la place), et elle peut créer des risques (morsure, stress, mortalité, conflit déplacé). En Île-de-France, la bonne démarche commence par un diagnostic et le respect du cadre applicable.


Déplacer un animal, ce n’est pas un geste neutre


“Déplacer” implique presque toujours au moins une de ces actions : capturer, manipuler, transporter, détenir temporairement, relâcher. Or, ces verbes sont précisément ceux qui entrent dans le champ du droit de l’environnement et des textes de protection des espèces.


Raison 1 : certaines espèces sont protégées, donc capture et transport peuvent être interditsLe Code de l’environnement prévoit des interdictions lorsqu’une espèce est protégée : atteintes à l’animal, mais aussi, selon les cas, capture, transport, perturbation intentionnelle, etc. Autrement dit : si l’espèce est protégée, “je la prends et je la relâche plus loin” peut être illégal.


Exemple très parlant pour les particuliers : les chauves-souris. En France, elles sont toutes protégées, y compris lorsqu’elles occupent un bâtiment.


Raison 2 : la détention d’un animal sauvage, même temporaire, est encadréeBeaucoup de gens pensent que “je le garde 2 heures dans un carton” n’est pas une détention. En réalité, la détention d’animaux sauvages en captivité est un sujet réglementé, avec des règles spécifiques dans le Code de l’environnement et ses textes d’application.


Conclusion pratique : dès que tu captures et gardes un animal (même brièvement), tu entres potentiellement dans un cadre encadré.


Raison 3 : le déplacement est souvent inefficace et peut aggraver le problèmeMême lorsque le statut de l’espèce ne bloque pas juridiquement l’action, déplacer un animal ne traite pas la cause. Si la nourriture, l’abri ou l’accès au bâtiment restent disponibles, un autre individu remplacera rapidement le premier, ou l’animal reviendra. De plus, la relocalisation est régulièrement décrite comme une “fausse bonne solution” : stress, pertes, déséquilibres locaux, et impacts éthiques et écologiques.


Raison 4 : c’est un risque pour ta sécurité et celle de l’animalUn animal sauvage stressé, blessé, coincé ou manipulé peut être imprévisible. L’OFB rappelle qu’en voulant aider un animal sauvage blessé ou en difficulté, on peut s’exposer et l’aggraver.


C’est une des raisons pour lesquelles l’approche recommandée est d’éviter la manipulation et de passer par des relais compétents (diagnostic, centres de sauvegarde lorsque c’est un cas de détresse).


Ce que tu peux faire légalement et efficacement à la place


Dans la majorité des situations autour des habitations, la stratégie la plus propre n’est pas “déplacer l’animal”, mais “supprimer ce qui l’attire” et “empêcher l’accès”.

Actions généralement pertinentes (et souvent suffisantes)

  • sécuriser déchets et nourriture (poubelles fermées, compost protégé, gamelles dehors supprimées la nuit)

  • réduire les abris faciles au contact du bâtiment (tas de bois, zones encombrées)

  • identifier et sécuriser les points d’entrée (toiture, grilles, conduits) après diagnostic

  • mettre en place une logique anti-retour plutôt qu’une action ponctuelle


Cas fréquents en Île-de-France : quoi faire sans se mettre en faute


Chauves-souris dans un bâtiment

Ne pas tenter de déplacer. Le bon réflexe est d’adapter l’intervention au statut protégé et d’aller vers une solution de cohabitation/gestion encadrée, avec conseils et sécurisation appropriée.


Bruits dans les combles (fouine, rongeurs, autres)

Ne pas boucher “au hasard”, ne pas capturer sans identification. Diagnostic d’abord, puis méthode adaptée au statut, puis sécurisation anti-retour.


Animal blessé ou en difficulté

Éviter la manipulation directe. Contacter un centre de sauvegarde ou un relais compétent.


Liens utiles

Fiches “Prédateurs” : https://apappc.com/predateurs

Catégorie “Réglementation” : https://apappc.com/blog/categories/reglementation

Catégorie “Prévention” : https://apappc.com/blog/categories/prevention

Demande d’intervention / déclaration : https://apappc.com/declaration-de-degats


Questions fréquentes :

Ai-je le droit de déplacer un animal sauvage trouvé chez moi en Île-de-France ?

Ça dépend de l’espèce. Si elle est protégée, la capture/transport/perturbation peut être interdite. En cas de doute, il faut éviter l’improvisation et demander un diagnostic.

Pourquoi ne pas relâcher “plus loin” ?

Parce que ça ne supprime pas la cause (accès, nourriture, abri) et la relocalisation est souvent une fausse bonne solution, avec des impacts et un fort taux d’échec.

Et si ce sont des chauves-souris ?

Elles sont protégées en France, y compris dans les bâtiments. Il faut une approche encadrée, pas un déplacement.


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